Le stress, fléau du 21ème siècle !

La santé en entreprise

Le stress au travail

Si, aujourd’hui, le sujet de la santé en entreprise est devenu une priorité absolue c’est que le travail est devenu, de très loin, la première source de stress dans les pays industrialisés. Le nombre croissant de cas de burn-out (épuisement professionnel) en est une preuve flagrante.

Le constat (source stimulus)

« Les résultats de l’observatoire Stimulus de la santé psychologique au travail  permettent de dessiner les grandes lignes de la problématique du stress au travail.

Notons d’abord l’importance du phénomène du stress au travail, avec près d’un quart des individus en état d’hyperstress, dangereux pour leur santé. Les femmes sont un peu plus touchées que les hommes, alors que cadres et non-cadres sont également concernés. Les taux d’hyperstress augmentent aussi légèrement avec l’âge. En fait, les plus grandes différences concernant les taux d’hyperstress s’observent en fonction des secteurs d’activité.
Environ la moitié de ces salariés présentent des niveaux élevés d’anxiété et un salarié sur six est sans doute atteint d’une pathologie anxieuse. Les niveaux dépressifs élevés sont nettement moins fréquents, ne touchant que moins d’un tiers des salariés. Les états dépressifs caractérisés semblent ne toucher qu’un salarié sur 15. Les manifestations anxieuses et dépressives sont plus fréquentes chez les femmes, augmentent avec l’âge et varient selon les secteurs d’activité.
Les sources de stress au travail (les facteurs de risques psychosociaux) sont extrêmement nombreuses et leur grande diversité apparait dans les résultats de cette étude. Les exigences liées au travail et les changements se détachent nettement, ainsi que le manque d’autonomie et de reconnaissance. Les relations au travail semblent moins responsables du stress des salariés.

On note certes des différences quant à la confrontation à ces facteurs de stress selon le sexe, la tranche d’âge et le statut de cadre ou d’employé. Mais ces différences ne sont pas extrêmes. Il semble même avoir actuellement une certaine homogénéité des sources de stress au travail, touchant de façon finalement assez identique tous les salariés, alors qu’il n’y a pas un même niveau d’homogénéité en ce qui concerne les niveaux de stress ressentis par les salariés. C’est en tout cas ce que montre cette étude » 

« L’intensification du travail, la complexité des processus et les performances économiques demandées aux salariés favorisent l’émergence de risques psychosociaux (RPS), à l’instar du burn-out, du bore-out ou du brown-out, etc, qui peuvent entraîner de graves maladies. Or, jusqu’à présent, les coûts sont, pour l’essentiel, supportés par la Sécurité sociale. Un rapport parlementaire suggère de favoriser la reconnaissance du burn-out en maladie professionnelle. De quoi inciter les entreprises à mieux prendre en compte la souffrance psychologique de leurs salariés au travail. »

Effets sur la santé

 

Le stress est un phénomène d’adaptation du corps qui nous permet de réagir à notre environnement.

Notre organisme répond à un contexte stressant par une réaction en 3 phases (alarme, résistance, épuisement). C’est le syndrome général d’adaptation découvert en 1935, par Hans Selye.

Mécanismes physiologiques du stress : alarme, résistance, épuisement

Si le stress s’installe dans la durée, dans tous les cas notre capacité à réagir s’altère, notre organisme s’épuise et apparaissent diverses conséquences pathologiques.

Effets du stress chronique sur la santé

Hypertension, nervosité, fatigue, dépression…
L’état de stress n’est pas une maladie en soi mais lorsqu’il est intense et qu’il dure,
il peut avoir des effets graves sur la santé physique et mentale des travailleurs concernés.

Symptômes dus à un état de stress chronique

Le stress au travail, le démasquer pour le prévenir.
Ces divers symptômes apparaissent en quelques semaines :

  • Symptômes physiques : douleurs (coliques, maux de tête, douleurs musculaires, articulaires, etc.), troubles du sommeil, de l’appétit et de la digestion, sensations d’essoufflement ou d’oppression, sueurs inhabituelles…
  • Symptômes émotionnels : sensibilité et nervosité accrues, crises de larmes, angoisse, excitation, tristesse, sensation de mal-être…
  • Symptômes intellectuels : perturbation de la concentration entraînant des erreurs et des oublis, difficultés à prendre des initiatives ou des décisions…

Ces symptômes ont des répercussions sur les comportements : recours à des produits calmants ou excitants (café, tabac, alcool, somnifères, anxiolytiques, stupéfiants,…), repli sur soi, difficultés à coopérer, diminution des activités sociales, agressivité…

Pathologies associées au stress chronique

Si la situation de stress se prolonge encore, les symptômes précédents s’installent ou s’aggravent, entraînant des altérations de la santé qui peuvent devenir irréversibles :

 

  • Syndrome métabolique : le « syndrome métabolique » est le premier stade pathologique observable de l’hypersécrétion prolongée de catécholamines et de glucocorticoïdes. Il associe hypertension artérielle, obésité abdominale, résistance à l’insuline et perturbations du métabolisme des lipides sanguins (cholestérol, triglycérides…).
  • Maladies cardiovasculaires : le syndrome métabolique constitue un facteur de risque pour le système cardiovasculaire. Les salariés exerçant une activité professionnelle sans grande marge de manœuvre ou avec une forte exigence de productivité sont plus fréquemment exposés à ces pathologies. Il en va de même pour les salariés exposés au « job strain » du modèle de Karasek qui associe forte exigence psychologique et faible marge de manœuvre.
  • Troubles musculosquelettiques (TMS) : les troubles musculosquelettiques des membres supérieurs et du dos sont de plus en plus souvent rapportés à une combinaison de risques : sollicitations biomécaniques liées à des mouvements répétitifs, aux efforts physiques et aux postures inconfortables mais aussi au manque de soutien social, à une forte exigence de productivité, à de faibles marges de manœuvre, etc.
  • Dépression et anxiété : la dépression est plus fréquente quand le travail associe une forte exigence psychologique à des faibles marges de manœuvre et à un manque de soutien social (absence d’aide de la part des collègues ou de la hiérarchie). Les troubles anxieux sont également plus fréquents en cas de situations stressantes prolongées. Il arrive parfois que des dépressions sévères évoluent vers des tendances suicidaires.

Autres conséquences sur la santé :

  • Accident du travail ou de trajet,

  • Troubles hormonaux,

  • Troubles de la fertilité,
  • Certaines pathologies de la grossesse (prématurité),
  • Maladies auto-immunes
  • Troubles alimentaires
  • Dépendances et troubles comportementaux

Quelques chiffres:

Monde et Europe:

  • 450 millions de personnes seraient directement concernées par le stress dans le monde.
  • 28 % des travailleurs européens seraient exposés à au moins un facteur susceptible d’affecter de manière défavorable leur bien-être mental, soit : 56 millions de travailleurs selon une étude de l’Union Européenne menée en 2007.
  • Un rapport du Bureau International du Travail a calculé que le coût du stress atteindrait 3% à 4% du produit intérieur brut des pays de l’Union Européenne, soit 20 milliards d’euros!

En France :

  • 4 millions, soit près d’1 personne sur 15, sont directement concernées par le stress.
  • 23 000 à 36 000 décès par an seraient dus au stress.
  • 40 à 60 % des maladies seraient directement liées au stress.
  • 50 à 60 % des arrêts de travail ont un lien avec le stress.
  • 61 % des salariés déclarent subir un travail particulièrement stressant.
  • 60 suicides sont déclarés en accident du travail, chaque année en France.
  • 33 % des infarctus sont dus principalement au stress.
  • 2 et 3 milliards d’euros est le coût social estimé du stress professionnel en France en 2007, sur une population active de 27,8 millions de personnes (INRS, le 7 janvier 2010.).
  • Selon l’OMS, la France est au 3è rang mondial des pays recensant le plus grand nombre de dépressions liées au travail. Et selon l’European Agency for Safety and Health at Work, le stress est la cause de presque 60% des journées perdues.
  • Tous secteurs confondus, en 2010, le désengagement salarial a entraîné une perte de 25 % de la Valeur Ajoutée des entreprises, en France.

Enfin, ces données ne prennent pas en compte toute la dimension du coût pour l’individu, en particulier la souffrance et la perte de bien-être que le stress occasionne.

LA RESPONSABILITÉ DE L’ENTREPRISE

Prévention

La démarche de prévention du stress au travail est la même que celle décrite dans le dossier « risques psychosociaux », c’est-à-dire qu’il faut privilégier une démarche de prévention collective, centrée sur le travail et son organisation. Elle suppose qu’un ensemble de conditions soient réunies (engagement de la direction, implication des représentants du personnel, participation des salariés…).

Cette démarche comprend plusieurs étapes :

> Préparation de la démarche : collectes de données et indicateurs sur le stress.
> Identification des sources de stress, seul ou en se faisant aider, avec des outils adaptés au contexte (grille d’évaluation des risques, questionnaires, entretiens, observations au poste de travail…).
> Définition du plan d’actions : définir les améliorations à mettre en place et les moyens nécessaires pour y parvenir, planifier et prioriser les actions. > Mise en œuvre du plan d’actions : implanter et piloter la mise en œuvre des actions. > Suivi des actions : phase de réévaluation régulière des facteurs de stress qui permet de réajuster la démarche si besoin.

Exemples de mesures de prévention du stress au travail

> Former l’encadrement aux méthodes de management participatif permettant d’associer les salariés aux décisions les concernant

> Améliorer la communication concernant les objectifs de l’entreprise

> Donner la possibilité aux salariés de s’exprimer sur les dysfonctionnements qu’ils repèrent

> Adapter la charge de travail en fonction des éléments à la disposition des salariés pour effectuer leur tâche

> Donner la possibilité aux salariés d’utiliser leurs compétences

> Former le personnel à l’introduction de nouveaux outils dans le processus de travail

Réglementation

La règlementation est identique à celle des risques psychosociaux (http://www.inrs.fr/risques/psychosociaux/reglementation.html). La loi fait effectivement obligation à l’employeur d’évaluer les risques et de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés, ce qui implique de prendre en compte le stress au travail.

En dehors des dispositions générales et particulières prévues par la réglementation, les entreprises sont également soumises à l’accord national interprofessionnel sur le stress au travail, rendu obligatoire pour tous les employeurs et tous les salariés de son champ d’application à compter de la date de son extension.

Accord national interprofessionnel sur le stress au travail

Cet accord, signé en juillet 2008 et rendu obligatoire par un arrêté ministériel du 23 avril 2009, propose des indicateurs pour dépister le stress au travail et un cadre pour le prévenir. L’accord précise également quelques facteurs de stress à prendre en compte, comme « l’organisation et les processus de travail, les conditions et l’environnement du travail, la communication et des facteurs subjectifs ». Il rappelle que, dès qu’un problème de stress a été identifié, une action doit être entreprise pour le prévenir, l’éliminer, ou, à défaut, le réduire. La responsabilité de déterminer les mesures appropriées incombe à l’employeur qui doit associer les institutions représentatives (ou à défaut les salariés) à leur mise en œuvre.

Le mieux être au travail : ma vision

Évolution du vocabulaire:

Aujourd’hui, la notion de prévention des risques psychosociaux a été englobée dans un concept plus large, plus rassurant, plus positif, qu’on appelle le bien-être au travail évoluant lui même aujourd’hui vers une approche de qualité de vie au travail (QVT). Nous pourrions débattre sur les définitions et sur les approches subtilement différentes de ces notions…

Quoi qu’il en soit, ces « démarches » ne se veulent plus uniquement focalisées sur la santé du salarié mais repose sur une vision plus large se traduisant, en terme de bénéfices pour l’entreprise, par :

  • Augmentation de la productivité
  • Diminution des arrêts de travail (TMS)
  • Fidélisation des salariés
  • Amélioration des rapports avec la hiérarchie
  • Implication des salariés au travail
  • Notoriété
  • Cohésion des équipe
  • Gestion du stress
  • Diminution de l’absentéisme
  • Augmentation de la créativité…

L’Anact (https://www.anact.fr) quant à elle retient six facteurs principaux qui influencent la QVT:

  • Les relations sociales et de travail
  • Le contenu du travail
  • L’environnement physique de travail
  • L’organisation du travail
  • La réalisation et le développement professionnel
  • La conciliation entre vie professionnelle et vie privée

Ma vision

« Victime » moi-même de ce qu’on pourrait qualifier de burn-out, je pense avoir une approche légitime et honnte de la vision du bien-être (ou qualité de vie) au travail. Pendant plus de 20 ans j’ai eu l’occasion de découvrir de l’entreprise : le décor, l’envers du décor et même les coulisses…ce qu’on y voit, ce qu’on y vit et ce qui, d’ailleurs, ne devrait plus exister. De la politique commerciale au management, des valeurs de l’entreprise à la gestion RH, nombreux sont les sujets qui peuvent susciter interrogations et débats. Ceci dit, il est nécessaire de se poser les bonnes questions.

 

Entre les attentes (légitimes) des entreprises et celles (légitimes) des salariés, un compromis est-il possible?, une vision gagnant-gagnant est-elle réaliste?

 
Pour ma part, je pense que oui mais à une seule condition :

honnêteté et transparence

En effet, seule une démarche honnête et transparente pourra fédérer, de façon constructive et efficace, les attentes et les besoins de l’entreprise et celles de ses salariés :

L’entreprise souhaite que ses salariés s’épanouissent et reste en bonne santé pour… une meilleure performance de ses résultats!

C’est clair, c’est dit, c’est honnête et finalement c’est logique.

Si cette « évidence » n’est pas clairement énoncée, les approches et les techniques du bien-être au travail (QVT…) risquent de produire l’inverse de ce qu’elles se proposent d’apporter.

Depuis que nous parlons de « bien-être » au travail, la souffrance et le burn-out n’ont jamais été autant au rendez-vous. Pourquoi ?

Ce site n’est pas le lieu du débat mais ce que, globalement, nous pouvons observer c’est que toutes les mesures/techniques de QVT sont appelées à contrer, le mal-être provoqué par l’absence de considération, de visibilité, de moyens, de sens…qui perdurent et qui s’accentuent dans les entreprises. L’organisation de plus en plus « pyramidale », la pression des marchés, la mondialisation, la réduction des coûts, la course au gigantisme et aux profits ne font qu’amplifier ce phénomène.

Le travail et la QVT sont des « forces » en tension, il existe bel et bien un curseur entre bien-être et mal-être au travail : il se situe dans la simple prise en compte du fait que, même si le travail n’a pas pour vocation de les détruire, le travail n’a pas non plus pour vocation de forger le bonheur des individus.

C’est bien cette ambiguïté qui existe (et qui parfois est entretenue) entre QVT et bonheur au travail qui doit nous pousser à la plus grande prudence.

C’est parce que celle-ci s’impose, que les entreprises doivent prendre leurs responsabilités et que les vendeurs de « bonheur au travail » (internes et externes) doivent adopter une vision critique, cartésienne et responsable. A défaut, cette notion du bien-être (ou qualité de vie) au travail deviendra délétère parce qu’elle met trop haut la barre des attentes individuelles. Il est inutile et à la fois contre-productif de générer de la frustration.

Soyons réaliste, il faut regarder la réalité droit dans les yeux : le travail réclame de la tension, de l’attention, de l’énergie, de la peine, de l’effort et de la concentration. Cela ne nous empêche pas d’y trouver épanouissement, plaisirs…et cela, bien évidemment, ne doit pas exonérer l’entreprise de ses devoirs : assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés.

Pour arriver à un compromis acceptable, nous devrions parler, non pas de bien être au travail (notion beaucoup trop subjective amenant souvent à la confusion), mais d’être bien au travail, ou comme je souhaite le défendre, mettre en avant la notion de mieux-être. Pour cela, la priorité doit être donnée à la prévention santé.

La frontière n’étant pas étanche, on ne peut raisonnablement pas dissocier la santé au travail et la santé dans sa vie privée. Qu’elle soit perçue sous l’angle physique, psychologique ou émotionnel, la santé doit s’entretenir dans et hors du travail, par conséquent elle relève de la responsabilité conjointe de l’entreprise et du salarié.

 

Nous le savons tous, toutes les situations délétères auxquelles nous sommes confrontés dans notre vie professionnelle comme dans notre vie personnelle convergent vers un facteur commun, véritable fléau devenu enjeu prioritaire de santé publique : LE STRESS.

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